simplesinstants_feeling_blueSi le mois de mai n’a pas encore sonné bien haut l’arrivée des beaux jours, votre Nenette Déchaînée choisit pourtant l’optimisme pour cette newsletter de juin : six de nos membres ont joué le jeu de l’interview chorale, pour mieux anticiper la belle saison. Avec son arrivée, nombreux sont les photographes qui espèrent réussir de beaux clichés animaliers ou de nature. Nous avons donc posé une question simple à nos fopiens : quels conseils et autres « trucs » personnels adresseraient-ils à leurs collègues de tous niveaux ? Lieux privilégiés, techniques d’approches, vêtements, matériel, gestes, météo, horaires et même traitement numérique, tout y est passé. Avec quelques belles images en prime, pour ne rien gâcher. Encore un exemple de partage, à connaitre et faire connaitre !

Cedric54

Pour moi, la photo est un judicieux mélange de connaissances techniques et artistiques. J’essaie donc de distinguer mon travail des photos descriptives. Coté technique : pour ceux qui ont délaissé leur APN durant l’hiver, il faut absolument réviser ses gammes. La mise au point, profondeur de champ, choix du collimateur AF, vitesse, ISO… sont autant d’éléments à maitriser sans quitter le viseur, car le jour où le moment tant attendu arrive, il ne faut absolument pas se louper pour cause d’inattention. A titre d’exemple, je me suis bien énervé dernièrement : en sortant mon 7D d’un sac fourre-tout, ma molette a tourné sans que je le remarque et j’ai dû mettre à la corbeille toute une série de photos exceptionnelles. Connaître les limites de son matériel est également primordial. A mon grand malheur, ma plus longue focale est un 300mm. Je suis donc obligé de travailler mon approche et mon camouflage -je suis un adepte du filet de camouflage « feuilles » doublé. Pour cela, un seul mot d’ordre : repérage. La connaissance du sujet convoité est indispensable et c’est un réel bonheur.

Coté artistique : je vous fais grâce des règles de bases de composition, bien connues sur le forum. Je n’avais jamais prêté attention à la météo jusque-là, mais aujourd’hui je le fais très régulièrement, voire tous les jours, pour planifier mes sorties. Par exemple, pour les macroteux, rien ne sert de sortir si le vent souffle. Et rien de tel qu’une belle lumière pour sublimer une photo. Elle est devenue une quête de toutes mes sorties et, là encore, cette satanée météo devrait être une alliée. J’utilise aussi beaucoup Google Earth, pour connaître mon orientation exacte et me positionner sur le terrain. J’ajoute que sans ce travail de préparation, muni d’une unique lampe frontale qui n’offre qu’une vision à 3m, ce peut être catastrophique -et je parle en connaissance de cause. Pour conclure, mon conseil majeur tient en 3 mots : patience, persévérance et préparation. Mes rêves photographiques ne cessent d’évoluer : que penseraient Fabrice Cahez et Vincent Munier -deux lorrains comme moi, c’est un signe- de mon petit renardeau ?

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Dalt

La belle saison arrive et l’envie de sortir avec. Le désir de réussir de belles images se faisant sentir, voici les quelques conseils que je vous encourage à mettre en pratique. Comme tout bon photographe digne de ce nom, vous préférerez les douces lumières matinales et les chaudes lumières du soir ! N’hésitez pas à faire des repérages : pour la photo de paysage, vous pourrez découvrir avant la prise de vue si le soleil est au bon endroit, si les ombres vont dans le sens de votre image, si la marée est adaptée, etc. ; et en macro, vous pourrez observer la présence ou non des espèces ciblées, leur comportement… Ces repérages permettront, au moment des prises de vue, de les optimiser et de ne pas rater LA photo! Mais préparer la séance n’est pas forcément possible pour tous. Dans ce cas, une fois sur place, pensez à faire une photo test pour vérifier la quantité et la qualité de la lumière, parfois trompeuse aux beaux jours ! Et si les conditions ne sont pas remplies ce jour J, dites- vous tout de même qu’il est préférable de profiter de la scène avec ses yeux, pour revenir déclencher un autre jour, afin de ramener LA photo et non… une photo! Soyez exigeant : votre plaisir en sera décuplé. Voici une image qui illustre bien le besoin de préparer une prise de vue. Les braves ont rarement les pieds dans l’eau, consulter la météo va également de soi !

dalt

Ouin-Ouin 74

La macrophotographie et la photo animalière sont les 2 domaines que j’affectionne et que je pratique le plus : la rencontre avec la nature et les éléments qui la peuplent, cette nature avec son patchwork de couleurs, ses senteurs et la diversité de ses habitants. Bien évidemment, le printemps est la période la plus propice pour pratiquer la macro. Comme pour les autres domaines photographiques, il faut privilégier certaines heures : soit tôt le matin, afin de profiter des premières lueurs du soleil, de la rosée et du « réveil » de la nature ; ou peu avant le coucher du soleil, encore pour la belle lumière couchante et rasante. Photographier après une averse peut également être intéressant.

Mais avec quel matériel ? Pour chacun de ces domaines, il est fortement souhaitable d’acquérir un objectif spécifique. L’objectif macro permet de s’approcher très près du sujet, car sa distance de mise au point minimale est d’une dizaine de centimètres, et d’avoir un rapport de reproduction de 1/1 : 1cm sur le sujet photographié correspond à 1cm sur le capteur.

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Ainsi, j’ai fait l’acquisition du Sigma 105 macro, apprécié de nombreux photographes. Pour la photo animalière, l’idéal serait d’utiliser un super-téléobjectif, c’est-à-dire une focale fixe 500mm par exemple, mais le prix stoppe l’envie : 13 000€ pour le 500 f4 chez Sony ! J’ai donc opté pour le 70-400 Série G, de Sony toujours : il est rapide, silencieux et je trouve son piqué bluffant.

Vient la question de la technique : prendre son temps, observer et trouver LE sujet qui vous tape dans l’œil ; ensuite, tourner autour du sujet pour choisir le meilleur angle de prise de vue. Pensez aussi à faire attention à l’environnement qui entoure le sujet, en recourant par exemple à un bokeh dilué (un flou d’arrière-plan important). J’utilise aussi un monopode, pour gagner en stabilité et, dans des conditions de visée difficile, j’utilise le LiveView proposé par mon boîtier. Il faut enfin opter pour une mise au point manuelle. Par contre, question traitement, très peu de choses doivent être nécessaires : un éventuel recadrage, un coup d’accentuation, les courbes de niveaux à la rigueur, mais c’est tout, sinon… c’est poubelle !

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Manogre

Personnellement je vois la macro comme un jeu, une partie de cache-cache qui se transformerait en partie d‘échecs, au fur et à mesure que la rencontre avec le sujet se précise. Reste à savoir ensuite si je suis assez malin pour en sortir vainqueur ! Niveau matériel, j’ai muni mon bridge de deux bonnettes Raynox, ce qui, pour moi, parait être le meilleur équipement pour ce type d’appareil, la qualité des optiques étant très satisfaisante. Deux petits accessoires agrémentent également mes poches lors de chaque sortie : l’indispensable paire de ciseaux, afin de pouvoir faire champ libre le plus délicatement possible, sans effrayer l’insecte -qui s’envolerait sinon à chaque herbe arrachée ou écartée de la main ; et un petit vaporisateur de poche, qui me permet de simuler une éventuelle rosée si le besoin s’en faisait sentir.

Niveau comportement, beaucoup d’éléments entrent en ligne de compte pour réaliser une photo de macro convenable. De la persévérance, car le maniement des bonnettes n’est jamais aisé et en rebute beaucoup dès leurs premiers usages : il faut savoir qu’elles demandent de fermer au maximum le diaphragme et que la mise au point se réalise avec le corps, non avec l’appareil ; en d’autres termes, on fait une première mise au point approximative et ensuite on avance ou on recule l’APN jusqu’à convenance. Et aussi, les insectes se montrent trop souvent polissons et déguerpissent au premier mouvement venu… Pour cette même raison, un maximum de discrétion, pour ne pas dire de furtivité, est essentiel, afin de ne pas voir ses espoirs s’envoler à la moindre approche. Il faut aussi bien observer chaque mouvement suivant les espèces, ce qui permet par la suite d’anticiper les actions de chacun : savoir lesquels sautent ou, au contraire, préfèrent se cacher ; ceux qui s’enfuient, ou d’autres qui reviennent dans un périmètre très proche. Je privilégie personnellement la lumière du matin, et ce pour deux raisons : d’une, car j’habite dans une vallée entourée de montagnes et le soleil, qui passe derrière celles-ci assez tôt, ne permet pas de profiter de la lumière douce du couchant ; de deux, car les insectes sont encore très paisibles le matin, le soleil ne les ayant pas encore suffisamment stimulés.

manogre

Marclab

Pour faire court, le retour de la belle saison signifie pour moi l’ouverture de la saison macro, une discipline que j’ai découverte il y a trois ans. Je pense qu’il faut privilégier les premières heures du jour, pas uniquement pour la lumière, mais aussi parce que les insectes sont encore engourdis et ont besoin d’une heure ou deux pour se réchauffer. Pour l’approche, n’hésitez pas à vous mettre au ras du sol : si on reste debout, on ne voit pas grand chose, or il faut habituer l’œil à trouver les insectes qui sont dissimulés dans l’herbe. Je privilégie les moments où la lumière n’est pas trop dure, mais j’utilise très souvent un flash cobra au minimum de sa puissance (1/16ème sur mon Sony), en le dirigeant vers le haut avec un réflecteur pour conserver un aspect naturel. L’usage du flash permet de gagner un peu en netteté et fait ressortir les facettes des yeux. Mon principal ennemi reste le vent.

En termes de sujets, je prends essentiellement des photos d’insectes, car j’ai plus de mal avec les fleurs. Je soigne les bokeh, qu’ils soient lisses ou non, mais je pense qu’ils doivent avant tout mettre en valeur le sujet : je vois souvent des bokeh très beaux, avec un flou devant et derrière le sujet, mais qui « mangent » complètement le sujet, justement. J’aime également les profondeurs de champ réduites, qui donnent un petit côté « 3D ». Question matériel, pour conclure, j’ai commencé avec des bagues allonges, puis je me suis muni d’un objectif macro. Mais on réalise également de très jolies macrophotographies avec un téléobjectif.

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Thierry Baudin

En ce qui me concerne, l’été est souvent associé aux vacances en famille. Et prendre des photos, macro ou paysage, impose un rythme qui ne convient pas nécessairement à tout le monde… J’essaye donc de trouver des moments où je peux m’évader seul, afin de pouvoir aller à mon rythme. J’aime faire un peu de macro, mais je pratique en dilettante, quelques heures par an : j’ai donc opté pour un 60m macro, plutôt qu’un 100 ou un 150mm, afin de ne pas alourdir mon sac (ni me fâcher avec mon banquier). J’emmène quand même toujours ce 60mm et j’utilise parfois aussi le 70-200mm, qui n’est pas « macro », mais qui est plus adapté que le 60mm pour les papillons ou les libellules, par exemple. Pour ce qui est du lieu, je trouve toujours un champ ou des broussailles dans lesquelles les petites bestioles s’épanouissent.

J’évite tant que faire se peut le plein soleil et le manque d’homogénéité dans la lumière sur la zone cadrée. J’évite également les environnements trop chargés, ou trop proches du sujet, afin d’obtenir un joli fond pour mettre le sujet en valeur. Pour cette même raison, je privilégie une profondeur de champ assez courte, afin d’avoir tout ou partie du sujet net, mais pas plus. Concernant la mise au point, je passe la plupart du temps en mode manuel : je la règle une première fois par rapport au cadrage que je veux obtenir ; ensuite, la distance de mise au point étant très sensible en macro, je prends plusieurs clichés en variant très légèrement cette distance. Je n’hésite pas à monter un peu la sensibilité si nécessaire, dans les limites acceptables de mon boîtier. Enfin, j’emmène depuis peu un petit réflecteur de poche (15 ou 20cm de diamètre), soit pour faire de l’ombre sur le sujet, soit au contraire pour apporter un peu de lumière supplémentaire. Mais je n’ai pas encore eu l’occasion de m’en servir !

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Dans l’ensemble, je pratique quand même beaucoup plus les paysages que la macro, même si à Paris, les occasions sont rares. Je profite donc des balades en famille pour repérer des lieux intéressants, puis j’y retourne, seul si possible, en privilégiant les lumières de début ou de fin de journée, ou les lumières d’avant ou d’après orage -pendant l’orage, je fais comme tout le monde, je me mets à l’abri… Mon objectif de prédilection pour le paysage est le 10-22, souvent sur pied, et avec différentes options : sans filtre, en général ouvert entre f/9 et f/14 ; avec filtre ND8 pour les poses mi-longues de quelques secondes, afin de figer légèrement le mouvement de l’eau par exemple, qu’il s’agisse des vagues sur la mer, des remous dans un torrent, ou des filets d’eau d’une cascade ; avec filtre ND1000 pour les poses plus longues, d’une à deux minutes et, dans ce cas, ouverture au minimum, soit f/22, pour aplanir tout relief sur l’eau ou ne pas faire apparaître les éventuels promeneurs. Enfin, je reste si possible sur la sensibilité la plus basse, afin d’obtenir le meilleur piqué et le minimum de bruit.

Une dernière remarque : l’été n’est pas la seule saison où l’on peut faire de beaux clichés de nature. Selon les régions, la lumière peut même être très dure et limiter les possibilités. Il ne faut donc pas hésiter à sortir quelle que soit la saison !

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Tintin

Comme je ne pratique pas du tout l’animalier, je ne peux donner que quelques trucs pour la photo d’insecte, qui pourront sembler tout simples à certains. D’abord au niveau de l’habillement : toujours être couvert le plus possible, car les moustiques peuvent être très voraces. Ça peut paraître très contraignant les soirs d’été où il fait chaud, mais c’est indispensable. Ensuite, pour les matins avec beaucoup de rosée, le plus important est de pouvoir rester au sec même en s’allongeant dans l’herbe humide : ça permet de rendre la sortie beaucoup plus confortable. Pour la macro, je ne sors que tôt le matin ou le soir, afin de profiter de la lumière rasante du lever ou du coucher de soleil ; et bien évidemment, des jours sans trop de vent. Le matin est encore meilleur, car il y a la rosée ; mais l’été, ça demande de se lever très, très tôt… Pendant ces périodes de la journée, les insectes se laissent facilement approcher. Il faut juste veiller à ne pas les cacher du soleil. Généralement, juste avant le soleil couchant, les insectes se posent définitivement pour la nuit. Cela permet ensuite de travailler sa composition « assez tranquillement », il ne faut donc pas hésiter à se déplacer pour trouver le meilleur angle. Pour cette libellule, j’ai pu prendre tout mon temps pour peaufiner ma composition et la position de la libellule par rapport au soleil.

tintin

L’équipe remercie chaleureusement tous les fopiens qui ont accepté de jouer le jeu !

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  7 commentaires à “Photographier en extérieur : conseils de nos habitués”

  1. ouahouuuu, une belle brochette que voilà ;-)

  2. Sympa ce regroupement, de bons conseils et de belles images en prime!!!

  3. C’est certain ;-)

  4. Un beau reportage, bien construit et fort intéressant
    Merci la team newsletter

  5. Je découvre seulement l’article. Cela semble presque simple dit comme ceci ….
    Merci aux contributeurs.

  6. Des conseil vraiment très instructifs ! Merci !

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