Quand la photographie se fait vecteur d’une noble cause, elle peut atteindre un degré d’émotion insoupçonné. Pour les vingt ans de l’association «le rire médecin», le photographe Jacques Grison témoigne du formidable travail de ces clowns qui arpentent les couloirs des services hospitaliers de l’enfance, distribuant à la ronde instants de bonheur et d’insouciance.
Le rire médecin, c’est donc une association de comédiens professionnels, dont chaque membre suit une formation spécifique avant de pousser les portes de l’hôpital vêtu d’un costume coloré, maquillé, perruqué, et arborant l’irremplaçable et emblématique nez rouge qui permet à chacun, petit ou grand, de l’identifier. On entre d’ailleurs dans l’exposition comme on entre dans un hôpital : en poussant une double-porte blanc cassé, reconnaissable entre mille avec ses hublots derrière lesquels on n’ose pas forcément regarder. Commence alors un voyage dans l’univers fabuleux de ces clowns : en cinq chapitres, le visiteur prend conscience de la complexité et de l’importance du rôle de ces personnages hauts en couleurs.

Ce que l’on voit sur ces photos, ce sont bien sûr des éclats de rire, des moments de complicité, des regards pétillants et une profonde humanité. Mais on découvre aussi tout un monde de contrastes : des couleurs dans un univers aseptisé, des émotions au milieu des machines, du rire là où on attend un grand sérieux. Et surtout, grâce à cette scénographie en différents chapitres et aux textes qui les introduisent, on prend la mesure des bienfaits des clowns.

Ils commencent avant tout par redonner à l’enfant sa place d’enfant. A l’hôpital, il devient un malade, un patient, un dossier. Pourtant rien n’est plus important que l’insouciance des jeunes années ; le rire et le jeu ne le guériront certes pas, mais ils le soulageront et lui permettront d’oublier, l’espace d’un instant, sa maladie. Le rire retrouvé de l’enfant provoque un effet boule de neige : ce sont ensuite les parents qui se sentent soulagés; même les plus réticents au départ, car rire à l’hôpital n’est pas évident. Cela peut même être gênant. Après tout, c’est un endroit sérieux. On n’est pas là pour plaisanter. Oser rire, laisser la maladie de côté, l’occulter, même l’espace d’un instant, cela peut paraître indécent.

La délicatesse des clowns et la timidité des parents se sentent dans les clichés de Jacques Grison. Mais petit à petit, les liens se créent, l’atmosphère se détend, les sourires s’esquissent, les rires fusent. De craintifs, les parents deviennent impatients : tout le monde attend l’arrivée des clowns, comme la promesse d’un bon moment. Enfants, parents, proches, mais aussi personnel hospitalier : l’efficacité des nez rouges est indéniable.
A la question «Peut-on rire de tout ?», Pierre Desproges répondait : «Oui, mais pas avec n’importe qui». A la fin de la visite de cette exposition, on est convaincu que si on ne peut pas rire de tout, on peut -on doit, même- rire partout.
Nez rouge, toi-même ! Exposition photographique de Jacques Grison, Hôtel de Ville de Paris, jusqu’au 18 février 2012 – entrée libre. Le documentaire «Jour de clowns» sera diffusé en présence de l’équipe le 18 février à 15h

Merci Clara pour cette information, l’exposition « Nez rouge toi-même » est à voir, pour le plaisir des yeux, mais aussi parce que votre présence est extrêmement précieuse pour cette belle association
Amitiés
Damien
Je comptais aller voir l’exposition photo sur les Halles j’ai donc une deuxième bonne raison d’y passer.
Merci Clara de l’information,