julien-dorolGrâce à notre partenariat avec Geek-Trend, Julien Dorol – alias Ju sur fOp – qui est un photographe et blogger averti a testé pour nous le tout récent objectif grand angle (14 mm) de chez Samyang, en monture Canon et sur capteur APS-c. Avec une ouverture maximale de f/2.8 et une gestion entièrement manuelle, il a eu de quoi faire et nous relate son expérience !

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« Lors de mon dernier voyage, j’ai ressenti le besoin d’élargir l’angle de vue dont je dispose avec mon 24 mm, et d’acquérir un objectif grand angle, qui me permettrait d’être à l’aise dans les endroits exigüs et pour le paysage. Mon cahier des charges était simple : il fallait que l’objectif soit performant optiquement, d’un coût raisonnable, et surtout d’une construction sérieuse. Car, bien que je ne maltraite pas mon matériel volontairement, je ne le ménage pas spécialement et je suis amené à shooter dans toutes les conditions (neige, eau, poussière, boue…). En clair, il me fallait un mouton à cinq pattes.

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Etant assez déçu par la gamme « accessible » de Canon (c’est-à-dire USM) au niveau de la construction, j’ai donc cherché mon bonheur chez une autre enseigne. Samyang, avec sa politique particulière, semblait disposé à m’apporter satisfaction.

Bon, et c’est quoi ce Samyang 14 mm, alors?

 

Il s’agit d’un grand angle « tout manuel », ouvrant au maximum à f/2,8. Pas la peine de chercher un autofocus ou un stabilisateur intégré : il n’y a aucune électronique dans ce caillou. Samyang a fait de la simplicité, la solidité et la qualité son credo, d’où l’absence d’électronique et le prix raisonnable, malgré une fabrication « haut de gamme ».

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Lien GEEK-TREND vers le Samyang 14mm

La mise au point et le réglage de l’ouverture se feront donc manuellement, à l’aide de bagues, comme sur les anciens objectifs datant d’avant l’autofocus, ou encore aujourd’hui sur certains Zeiss et autres Leica. A noter également : il n’est pas possible de récupérer les exifs, étant donné qu’il n’y a pas d’électronique.

Déballage et découverte de la bête

 

Dès la première prise en main, j’esquisse un sourire : j’ai affaire ici à une construction sérieuse, où le métal est largement employé. La manipulation des bagues de diaphragme et de mise au point est très agréable, souple, précise, sans jeu. J’ai tout de suite l’impression de tenir une optique haut de gamme digne des plus grandes marques. Seuls le pare-soleil et le bouchon sont en plastique. A noter aussi, la collerette anti-flare est inamovible.

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Seule ombre au tableau : il est impossible de mettre un filtre. Même si ce n’est pas dramatique, cela peut-être gênant, car la lentille sera directement exposée à la poussière et aux chocs, choses que l’on éviterait facilement avec un simple filtre UV. On laissera également de côté les filtre ND, même en utilisant la vieille ruse de sioux qui consiste à fixer ledit filtre avec du blue-tac, car dans ce cas le filtre étant trop loin de la lentille, on se retrouve avec des reflets qu’il me semble difficile d’éliminer.

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Une utilisation…particulière

Voici un caillou qui risque d’en dérouter plus d’un de par son fonctionnement inhabituel à l’heure du numérique et des objectifs suréquipés. L’optique étant dépourvue de toute technologie électronique, celle-ci ne communique en aucun cas avec le boîtier et n’est donc pas « pilotée ». Certains s’étonneront ainsi de voir l’image s’assombrir dans le viseur à mesure que l’on ferme le diaphragme : la bague agit en effet directement dessus.

 

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Une mesure de la lumière difficile

C’est là un des inconvénients majeurs de cet objectif, bien qu’il me semble que cela soit commun à ce type de cailloux non pilotés par le boîtier : suivant les conditions de lumière, il faudra jouer de façon assez importante avec la compensation d’exposition. Il faut constamment vérifier l’histogramme, sous peine d’avoir une image fortement sur- ou sous-exposée. Avec un peu de rigueur et d’entraînement, on s’y habitue et cela ne pose de toute façon aucun problème pour le paysage et les lieux où la lumière ne varie pas trop.

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Déformation et vignettage

Avec ce type de focale très courte, on peut s’attendre à avoir beaucoup de déformations. Sur un capteur APS-c, les déformations sont présentes dans les coins et seront visibles si le sujet comporte des lignes droites ou des fuyantes marquées. Bien que cela puisse être gênant pour des sujets comme en architecture, il est néanmoins possible de contourner le problème en évitant de placer les lignes et fuyantes aux endroits critiques (c’est-à-dire aux bords du cadre). Cependant, sur un capteur APS-c, ces déformations sont tout à fait acceptables.

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Le vignettage est présent, sans que cela soit alarmant, et se corrige très facilement en post-traitement si vous l’estimez gênant.

 

Optiquement myope?

Et voici le verdict que vous attendez tous : « ça pique ou pas? » Oui, ça pique…mais pas toujours.

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En fait, lorsque l’on travaille sur des sujets proches (intérieur, « close up », ou paysage avec un fort premier plan), les résultats sont très bons. Le piqué est là et on sait que l’image finale sera riche et fournie en détail. En revanche, lorsqu’on prend des sujets lointains et qu’on règle la bague de mise au point sur l’infini, les résultats sont plus mitigés et le caillou montre des signes de faiblesse. Faiblesse qui semble s’atténuer lorsque le réglage de la mise au point s’approche de la valeur de l’hyperfocale (allez, allez, on ressort ses cours de photo des années 80).

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Et c’est finalement là que s’exprime un objectif grand angle : l’angle de vue étant très large, il est souvent impératif de placer un élément accrocheur en premier plan, sans quoi la composition risque d’être fade et vide. Dans ce cas, la mise au point ne se fera pas à l’infini mais à quelques mètres et, dans ces conditions, les plans lointains semblent moins souffrir de cette myopie. Je me demande d’ailleurs comment se comporterait un 14 mm série L de chez Canon dans les mêmes conditions de sujet lointain…

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En conclusion

Il s’agit là d’un objectif assez peu commun de nos jours, dont l’utilisation demande un peu d’entraînement (exposition et mise au point). Une fois que l’on a assimilé quelques astuces, les résultats deviennent très bons. Avec un prix de 350 €, Samyang risque de taper très fort dans cette gamme, tant l’investissement est insignifiant par rapport aux grands frères, comme celui de la version Canon (14 mm L f/2,8), qui n’est jamais que six fois plus chèr. Certes, le coréen ne saurait rivaliser avec son grand frère japonais (moins de distorsion et de vignettage sur le Canon), mais pour le prix, c’est tout simplement imbattable.

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Cela faisait longtemps que je pestais contre les constructeurs d’objectifs. Ayant connu l’époque (même si je ne suis pas non plus si vieux que ça) des objectifs tout métal, au fonctionnement sûr et simple, ce Samyang correspond tout à fait à mes attentes. Il sera un outil important pour mes travaux à venir, qu’il s’agisse de scènes d’intérieur ou de paysages. »

Conditions de test : Canon 40D, capteur APS-c.

Encore un tout grand merci au site Geek-Trend pour le prêt du matériel.

geektrend

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  7 commentaires à “Le Samyang 14 mm f/2.8 testé pour vous !”

  1. magnifiques photos (sur le cul !)
    aucune déformation gênante
    les photos sont-elles en raw et retravaillées?

  2. Salut BOSSENMEYER,

    Les photos présentées sont développées, contraste, niveaux, saturation. Je suis actuellement en reportage au Maroc, et j’ai du mal à mettre autre chose que ce 14mm…
    Un très bon investissement

  3. pour ma part, j’ai ce 14 mm avec un d7100 et je n’ai pas du tout ce résultat, piqué vraiment pourri ! sur des plans rapprochés pas de soucis, mais niveau paysage, c’est la déception ! (ironie du sort, je l’ai pris pour ça, c’est balo )

    Quelqu’un aurait il le même problème sur ce caillou? j’ai lu qu’il a un gros soucis de mis au point, mais le d7100 a une mise au point ce dans la visée !

    merci

    • @bip,
      Etrange, je l’utilise constamment pour tous mes travaux et dans toutes les conditions, sur mes 2 boitier 40D et 5D (images de ski, paysage, portrait, images d’action avec flash, tous types de reportages) et le résultat est excellent.

    • généralement pour avoir du piqué au mieux il faut fermer au double de l’ouverture maximale.. J’ai lu , toujours sur le site à fiedler (comme argument mais sans chercher à faire de pub), de fermer à f/8 et mise au point entre un et deux metres…

      Donc c’est logique de penser se mettre à 2m de facon à ce les sujets lointaints soient plis détaillés.

  4. sur des sites (fiedler sauf erreur) j’ai lu que cokin fait des filtres compatibles pour le samyang..

    le lien pour la pub à ce sujet. samyang vends un porte filtre ce qui est quand meme mieux.

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